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INFANTISME – Avons-nous oublié l’histoire de notre enfance ?

Quand on est enfant, on imagine le monde des adultes comme un monde merveilleux où on a le droit de faire ce qu’on veut. Et puis un jour on devient grand et on oublie qu’on a été enfant. 

On oublie l’euphorie incontrôlée dans les moments de joie, les bouderies les bras croisés pour exprimer nos déceptions, les frayeurs que nous traversions pour braver nos peurs. 

On oublie les cachotteries pour ne pas se faire prendre, les fautes que nous devions avouer pour se faire pardonner, les bêtises qui nous valaient des punitions. 

On oublie l’envie irréductible que nous avions de faire plaisir, de protéger nos parents. 

On oublie d’avoir exprimé, réclamé ou caché le besoin d’être aimé.e, approuvé.e, encouragé.e, rassuré.e., protégé.e. 

On oublie parce qu’on est devenu grand et qu’avec le temps, on passe plus de temps à être adulte qu’à être enfant ! 

On oublie les moments où on s’est senti oublié.e, les silences des choses dont on ne connaissait pas les mots, la peur du rejet ou de l’abandon. 

On oublie ce par quoi on est passé durant nos premières années, pour aujourd’hui mieux contenir nos peurs, cacher notre tristesse, culpabiliser nos colères, ravaler notre dégoût et retenir nos joies. 

On oublie peut-être parce qu’on nous a expliqué qu’être adulte, c’est par-dessus tout ne plus faire l’enfant. 

On oublie peut-être parce qu’on nous a fait croire que c’était le prix à payer pour changer de statut aux yeux de nos aînés… 

Un prix dérisoire lorsqu’on passe toute son enfance à rêver de devenir grand ! 

On nous a laissé croire qu’être adulte c’est pouvoir s’affranchir de l’autorité parentale, disposer de ses droits, décider de sa vie, subvenir à ses besoins. 

On nous a laissé croire qu’être adulte, c’est prouver aux autres qu’on mérite le respect, c’est pouvoir asseoir son autorité. 

Et à force de nous focaliser sur notre place au milieu des adultes, nous avons oublié d’où nous venions. 

Nous avons renvoyé la maxime « on ne peut les savoir où on va, si on ne sait d’où on vient » à l’histoire de nos parents, sans tenir compte de celle de notre enfance. 

Or, c’est bien de là que nous venons. 

Alors, c’est peut-être en redonnant de l’importance à l’histoire de notre enfance, que nous pourrons changer la considération que nous portons à l’histoire de nos enfants. 

C’est peut-être en regardant notre enfance, avec les yeux de l’adulte que nous sommes aujourd’hui, que nous pourrons encourager ce qui peut être recommencé et changer ce qui ne doit plus perdurer. 

Une marque d’indulgence à l’égard de nous-même pour comprendre où nous nous trouvons et définir où nous souhaitons aller pour la suite. 

Car pour reprendre dans son intégralité la citation d’Otto Von Bismarck qui inspire la maxime précitée : « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va car il ne sait pas où il est. En ce sens, le passé est la rampe de lancement vers l’avenir ».

Philici Neff Moreira
Sophrologue

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