Chaque année, le mois de juillet sonne le début de la période estivale.
Chaque année, vous comme moi entamons un décompte personnel jusqu’au jour tant attendu… celui du départ en vacances !
Les vacances, c’est l’une de nos plus vieilles habitudes.
Un souvenir répété tout au long de l’enfance, qui remonte à notre première année d’école.
C’est peut-être pour cela que la simple évocation de ce mot suscite un élan ressenti jusque dans le corps.
Les vacances, c’est une période de l’année qui ne ressemble pas au quotidien.
Ce moment où le temps s’observe différemment, puisque nos repères ne sont plus les mêmes.
C’est peut-être pour cela qu’il nous apparaît concevable de ralentir, de contempler, de savourer ou de ne rien faire…
Les vacances, c’est cet espace-temps qui s’inscrit sur un calendrier.
Un temps cloisonné où notre cerveau accepte l’idée de manquer à ses obligations sans que cela éveille un sentiment de mise en danger.
Et c’est peut-être cette suspension de jugement qui vous permet de ressentir ce calme, ce relâchement, cet apaisement.
Pourtant, bien que nous soyons unanimes pour reconnaître les bénéfices des vacances, il nous apparaît souvent difficile d’intégrer des temps de pause dans notre quotidien.
Comme si le repos, l’oisiveté, la contemplation devaient se mériter, qu’il était d’abord nécessaire de se donner, avant d’envisager de profiter ?
Comme s’il était plus acceptable de faire les choses autrement dans un espace-temps défini, pour ne pas casser ce rythme où nous devons faire, si nous voulons nous réaliser ?
Comme si décider de passer du temps avec soi-même, dans le seul but de se tenir compagnie, nous mettait en défaut vis-à-vis des autres ?
C’est peut-être pour cela, et aussi pour tout autre chose, qu’oser prendre une pause en conscience n’est pas si évident de prime abord ?
Car souvent lorsqu’il nous vient l’idée de faire le vide, il suffit de quelques secondes pour faire de nos silences un flot de pensées, dont certains exemples pourraient faire écho avec vos propres pensées :
« J’ai sûrement oublié de faire quelque chose, pour avoir autant de temps de disponible ? »
« Ne devrais-je pas plutôt utiliser ce moment pour faire quelque chose de plus important ? »
« Comment puis-je me détendre alors que je n’ai pas terminé ce qu’il me reste à faire ? »
« Et puis comment on fait d’abord pour ne penser à rien quand on a autant de responsabilités ? »
Autant de questions qui méritent d’exister ! Parce qu’au-delà des points de vigilance, qu’éveille chacune de ces questions, elles ont toutes un point commun.
Elles parlent de nous et du regard que nous portons sur nous.
Comme par exemple :
« Est-ce que je ne suis pas en train de manquer à mes obligations, lorsque je prends du temps pour moi ? Et si je manque à mes obligations, est-ce que je mérite ce temps que je prends pour moi ? »
Eh bien, la réponse est oui… aux deux questions !
Car, contrairement aux congés payés, le temps que vous vous accordez ne repose pas sur un système de méritocratie.
Le temps que vous vous accordez n’a pas vocation à vous couper de vos pensées ou de la perception de ce qui vous entoure. C’est même tout le contraire !
Le temps que vous vous accordez répond à un besoin essentiel : votre lucidité.
Votre lucidité, c’est votre aptitude à pouvoir discerner pour vous, et pour celles et ceux sur qui vous veillez, ce qui est capital, nécessaire, accessoire, inutile ou nuisible.
Alors si vous aussi, vous avez du mal avec l’idée de couper votre rythme pour faire une pause, surtout lorsque les pensées semblent parfaitement s’aligner ou que le temps semble s’accélérer, ce qui peut s’envisager ce n’est sûrement pas de tout arrêter… c’est de revenir au point de départ pour un temps de relecture.
Un retour sur vos dernières actions, vos dernières pensées. Pour considérer l’enjeu de ce qui est en train de retenir votre esprit, en premier lieu, puis, en second lieu, pour vous autoriser à vérifier ce qui a été concrétisé, ce que vous avez réalisé, dans la lucidité de ce qui compte vraiment pour vous.
Et sans avoir changé vos repères ou vos habitudes, vous aurez pris un temps d’attention et de considération pour vous.
Philici Neff Moreira, Sophrologue

